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Débat avec David Rappe samedi 9 avril à 15 h

La Bourse du Travail de Lyon : une structure ouvrière entre services sociaux et révolution sociale

lundi 28 mars 2005, par La Gryffe


Dans une période où il n’existait ni système étatique de placement, ni formation professionnelle réglementée, ni système d’assurance sociale, les Bourses du travail ont alors joué un rôle fondamental en mettant en place des services à caractères « sociaux » et en répondant de cette manière à des besoins essentiels de la population ouvrière en terme d’emploi, de formation professionnelle, de santé, mais aussi d’éducation et de culture. Les Bourses du travail sont aussi un centre de résistance, de revendications et d’actions ouvrières qui, particulièrement durant la période où le syndicalisme révolutionnaire était influent, avait vocation à être un foyer d’agitation révolutionnaire notamment par la préparation de la grève générale.

Pourtant ce sont bien les Bourses du travail qui offrent au syndicalisme une structure et un cadre d’action recouvrant une double dimension, verticale et horizontale. Les organismes verticaux des fédérations professionnelles permettent l’action revendicative au niveau professionnel à l’échelle du pays, entraînant la solidarité ouvrière dans la même industrie, et les organismes territoriaux / horizontaux, Bourses du travail, mais aussi, bientôt, Unions départementales et locales, manifestent un autre type de solidarité, dépassant les diversités des professions pour s’inscrire dans des unités de voisinage. Avec cette structuration le centralisme est très faible, limité au principe de coordination et le type d’organisation est celui du fédéralisme. L’originalité vient de l’action coordonnée entre une structure nationale et un enracinement local au travers des Bourses du travail. Les Bourses connaissent alors un grand succès et contribuent grandement à enraciner le mouvement ouvrier dans l’espace quotidien des travailleurs. En se penchant sur la vie quotidienne de la Bourse du travail de Lyon, de ses origines, au début des années 1890, à la première Guerre mondiale en 1914, au travers de ses syndicats et syndiqué-e-s, de son organisation et de son fonctionnement, ainsi que par le rôle qu’elle a joué au sein du mouvement ouvrier lyonnais et plus largement de la population ouvrière en terme d’agitation, mais aussi de services et d’éducation, il a alors été possible d’approcher la réalité de ces structures ouvrières porteuses d’un autre futur, mais aussi d’un « autre socialisme ». S’intéresser aux Bourses du travail, et à leur apport original au sein du syndicalisme français, c’est, aujourd’hui, faire le lien avec les questions relatives à l’autonomie du mouvement social, mais aussi avec les formes d’alternatives sociales dont celui-ci peut être porteur. Les Bourses du travail présentent en effet un modèle, indépendant de toute représentation politique, basé sur une forme d’organisation, une pratique et un projet de société qui sont tous les trois intimement liés. Les Bourses du travail sont bien une expérience concrète d’un mouvement social porteur de ses propres finalités, marchant sur ses deux jambes, celle de la revendication et celle de l’alternative sociale en acte.

David Rappe, né en 1974, est enseignant d’Histoire-Géographie dans un collège de zone sensible, à Vaulx-en-Velin, dans la région lyonnaise. Il a réalisé plusieurs travaux à caractère universitaire sur les Bourses du travail de la région Rhône-Alpes. Il milite à la Fédération anarchiste et au plan syndical à la Fédération des travailleurs-se-s de l’éducation de la CNT.

La Bourse du travail de Lyon. Une structure ouvrière entre services sociaux et révolution sociale est paru aux éditions ACL en 2004.

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