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Un mois d’avril sans se découvrir d’un fil (en attendant le mois de mai) dans le passé/présent politique et militant français et l’actualité chinoise à la Gryffe

ALBERT CAMUS ET LES LIBERTAIRES SAMEDI 4 AVRIL, 15 H

Rencontre-débat autour des écrits libertaires de Camus avec Lou Marin auteur de l’introduction et rassembleur des textes de l’ouvrage paru aux éd. Egrégores en 2008.

samedi 28 mars 2009, par Jean-Pierre

Le Camus enseigné au lycée en français comme en philosophie donne l’impression d’un auteur académique et scolaire, un peu ennuyeux.

Or Camus, par sa révolte, son aspiration à la liberté, son éthique (refus de la fin justifiée par les moyens), la solidarité concrète dont il a fait preuve, son égalitarisme (pour lui l’intellectuel est à égalité avec les autres hommes, pas au-dessus) est d’une toute autre dimension. Le recueil de Lou Marin retrace l’élaboration et l’évolution de la pensée politique et sociale de Camus durant la guerre froide, après la Résistance et Hiroshima.


A cette époque, les intellectuels étaient sommés de choisir leur camp : gare à celui qui refusait de choisir entre la peste impérialiste stalinienne et le choléra impérialiste américain. Gare ceux qui s’écartaient de ces chemins tout tracés.

C’est Rirette Maîtrejean, correctrice à Paris Soir, ancienne coéditrice du journal L’anarchie qui sensibilisa Camus à la pensée libertaire.

Lou Marin montre les liens amicaux, fraternels et solidaires que Camus entretint avec les anarchistes de France (le Libertaire, le Monde Libertaire), d’Italie (G. Berneri), l’exil anarcho syndicaliste espagnol (Solidaridad Obrera), les suédois de la SAC, des argentins mais aussi les syndicalistes révolutionnaires de la « Révolution prolétarienne » (Monatte) et les antimilitaristes et pacifistes de l’époque (Lecoin).

Le soutien de Camus se manifesta régulièrement : lettres, articles, interventions, prises de parole, solidarité financière en faveur des victimes du stalinisme (Berlin 1953, Hongrie 1956), du franquisme, des objecteurs de conscience.

Il n’y a que sur la question de la guerre d’Algérie qu’on peut le trouver timoré, ambigu, irréaliste, c’est selon. Et pourtant le journaliste Camus fut l’un des rares à dénoncer la misère en Kabylie à la fin des années 1930, et à s’indigner presque seul de la répression qui fit des milliers de morts à Sétif et Guelma en mai 1945.

Et ce n’est pas fini....

CHINA BLUES voyage au pays de l’harmonie précaire

RENCONTRE -DEBAT AVEC LES AUTEURS CH. REEVES ET HSI HSUAN-WOU

Samedi 18 avril à 15 heures

Dans ce recueil de témoignages pris sur le vif en Chine, on rencontre des figures aussi diverses que la chauffeuse de bus qui bavarde sur la toile, l’ouvrier au chômage qui résiste à la destruction de son immeuble, le loueur de vélos, ancien métallo, qui attend les bulldozers dans son vieux quartier, le marchand à la sauvette qui soutient les révoltés des banlieues françaises, l’ancien rocker de Hong Kong qui a son idée sur l’avenir de la Chine, l’ancien bagnard qui étudie les systèmes concentrationnaires…

En tout, une trentaine de dialogues, accompagnés de documents originaux, brossent un tableau saisissant de la Chine, atelier du monde, pays de la surexploitation des paysans déracinés, immigrés de l’intérieur, et de la répression brutale du moindre mouvement de protestation.

Et puis la récession est arrivée… La croissance à deux chiffres s’est dégonflée, l’atelier du monde ferme ses portes, les immigrés de l’intérieur sont repoussés vers les campagnes misérables d’où ils s’étaient échappés, le miracle tourne à l’effondrement, la précarité se mue en misère, le « futur harmonieux » promis s’annonce comme un tas de décombres. Le régime autoritaire, enfant naturel du stalinisme maoïste, semble tenir bon, avec l’arrogance de la bourgeoisie rouge, ses impunités, le contrôle des pauvres et les camps d’internement. Il doit pourtant faire face à des « incidents de masse » de plus en plus fréquents et violents, révolte de celles et ceux qui, après avoir été les exclus de la « croissance », sont désormais les premières victimes de « la crise ».

Et pour finir

PROJECTION DU FILM L’EXPLOSION ET DÉBAT AVEC LE RÉALISATEUR

Samedi 25 avril à 15 heures

Pour « L’explosion » nous sommes allé à Chooz, dans les Ardennes, 20 ans après que s’y soit déroulée une virulente opposition à la construction de la centrale nucléaire.

Nous avons suivi Jean Noël qui milita alors contre l’installation de cette centrale. Avec lui, petit à petit nous retrouvons celles et ceux qui ont lutté. Une série de onze portraits se dessine, et, à travers elle c’est l’histoire des luttes de Chooz et de Vireux contre le nucléaire ET la liquidation de la sidérurgie qui nous est relatée.

Quand une partie de l’histoire du nucléaire en France rencontre une partie de l’histoire ouvrière, cela peut provoquer une explosion d’un cocktail étonnant !

Nucléaire, c’est toujours, non

Il y a 23 ans, le 26 avril 1986, la centrale nucléaire de Tchernobyl en Ukraine explose causant une catastrophe écologique, sociale et économique considérable, dont un bilan un tant soit peu précis (40 000 ou plus de 560 000 morts à ce jour ?) est impossible à tirer, tant fut et demeure grande la volonté des autorités nationales (Ukrainiennes, Biélorusses) et internationales (AIEA) de minimiser l’événement.

Aujourd’hui, la production d’énergie nucléaire, dont Sarkozy s’est fait le VRP, semble avoir le vent en poupe. Ses partisans la présente comme une solution idéale à la crise énergétique qui s’amorce, puisque d’après eux elle n’est pas productrice de gaz à effet de serre. La construction d’une troisième unité de production sur le site de Flamanville de type EPR est en cours. Des restructurations d’envergure affectent les opérateurs du nucléaire en vue des futurs marchés. Des pays, comme la Suède ou l’Allemagne, se préparent à revenir sur leur décision d’en finir avec le nucléaire

Pour qu’un Tchernobyl ne soit plus possible, pour que la production et l’accumulation de déchets hautement toxiques cessent, pour lutter contre la société policière générée par la société nucléaire, nous continuons d’exiger l’arrêt immédiat de toutes les centrales, l’abandon définitif de tout nouveau projet basé sur l’électronucléaire, ainsi que de tous les sites nucléarisés.

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